Où puis-je faire voler un drone en Andorre ?
L'Andorre ne fait partie ni de l'Union européenne ni de l'EASA : le règlement européen sur les drones ne s'y applique donc pas. C'est son propre règlement qui s'applique, le Decret 316/2025, qui tient compte des règles européennes sans les intégrer. Il ressemble au cadre européen sur l'essentiel, avec une catégorie ouverte, une spécifique et une certifiée, mais il change sur ce qui se remarque le plus en vol : la catégorie ouverte n'a pas de sous-catégories, chaque aéronef est identifié auprès du ministère et il existe treize zones où l'on ne vole qu'avec une autorisation préalable.
En bref
- Le Decret 316/2025 s'applique sur tout le territoire et tout l'espace aérien de l'Andorre, quelle que soit la nationalité de l'exploitant.
- La catégorie ouverte n'a pas de sous-catégories A1, A2 ni A3 : elle vaut pour les aéronefs de moins de 25 kilos, à vue, sans survoler de rassemblements de personnes et à 120 mètres au plus du point le plus proche du sol.
- Il existe treize zones de vol interdit où l'on ne vole qu'avec une autorisation du ministère chargé de l'aviation civile : bâtiments officiels, frontières, hélistations et trois parcs naturels.
- Une zone libre encombrée par un événement devient une zone de vol interdit tant que dure l'événement.
- Chaque aéronef de plus de 250 grammes et de moins de 25 kilos est identifié auprès du ministère et porte une plaque avec ses données.
- L'assurance de responsabilité civile est obligatoire à partir de 250 grammes.
Un règlement propre, hors de l'EASA
Le règlement andorran sur les drones est le Decret 316/2025, en vigueur depuis septembre 2025. Il dit expressément qu'il tient compte des règlements européens sur les drones, mais ne les intègre pas : en Andorre, ce n'est pas le règlement européen qui s'applique, c'est le décret.
Il s'applique sur tout le territoire et tout l'espace aérien andorrans, et à tout exploitant, d'où qu'il vienne. L'autorité est le ministère chargé de l'aviation civile, et les démarches se font par ses services en ligne.
Trois types de zone, et treize où il faut une autorisation
Le décret divise l'espace en zones de vol libre, de vol limité et de vol interdit. En zone libre, on vole en respectant le règlement. La zone limitée n'a pas aujourd'hui de liste publiée.
La zone de vol interdit est une liste fermée de treize cas : les bâtiments administratifs du Govern, la Casa de la Vall et le Consell General, les bâtiments des frontières avec la France et l'Espagne, la Seu de la Justícia, le centre pénitentiaire, les casernes de pompiers et l'hôpital avec l'espace au-dessus des surfaces de limitation d'obstacles de leur hélistation, les bâtiments des comuns, les ambassades, l'Heliport Nacional d'Andorra et les parcs naturels de Sorteny, du Comapedrosa et du Madriu-Perafita-Claror.
Malgré son nom, ce n'est pas une interdiction absolue : le décret lui-même définit la zone de vol interdit comme celle où l'opération n'est pas autorisée, sauf avec une autorisation administrative du ministère. Dans les parcs naturels, il faut en plus l'autorisation de l'Environnement.
Et il y a un cas temporaire : une zone libre qui se remplit de monde à cause d'un événement, fête, épreuve sportive ou spectacle, est considérée comme zone de vol interdit tant qu'il dure.
La catégorie ouverte, sans A1, A2 ni A3
La catégorie ouverte andorrane est unique et n'exige ni autorisation ni déclaration préalable. Ses conditions : l'aéronef pèse moins de 25 kilos, se tient à une distance sûre des personnes et ne survole pas de rassemblements, vole à vue sauf en mode suivi ou avec un observateur, ne s'éloigne pas de plus de 120 mètres du point le plus proche de la surface sauf pour survoler un obstacle, et ne transporte pas de marchandises dangereuses ni ne largue rien.
La distance aux personnes est réputée respectée si l'on suit les règles européennes de la catégorie ouverte ou si l'on garantit des conditions de sécurité semblables. Le marquage de classe européen, de C0 à C6, est accepté, mais il ne décide pas si l'opération est ouverte : il décide quel certificat il faut au télépilote.
Le plafond de 120 mètres au-dessus du sol s'applique toujours, dans toutes les catégories.
La catégorie spécifique et l'évaluation des risques
Tout ce qui ne remplit pas une condition de la catégorie ouverte relève de la catégorie spécifique et exige une autorisation d'exploitation préalable du ministère, accompagnée d'une étude d'évaluation et d'atténuation des risques : le risque au sol et dans les airs, les mesures pour le réduire et leur robustesse.
Le décret ne nomme pas la SORA. Il demande cette étude avec le même contenu que le règlement européen, et la SORA 2.5 est une façon acceptable de la faire, celle qu'utilise AXPA. Aucun scénario standard n'est publié aujourd'hui, même si le décret permet d'en définir.
Votre drone, votre certificat et votre assurance
L'Andorre ne demande pas d'enregistrement d'exploitant comme celui de l'Europe. Elle demande d'identifier auprès du ministère chaque aéronef de plus de 250 grammes et de moins de 25 kilos, avec une plaque fixée à la structure indiquant son identification, sa catégorie et les données du propriétaire. Ceux fabriqués à partir de 2024 portent en plus une identification active.
Le télépilote a besoin d'un certificat pour faire voler un drone de classe supérieure à C0, ou n'importe quel drone au-dessus de 50 mètres. Tant que le ministère n'a pas fixé ses exigences, il accepte les titres des pays membres de l'EASA. L'âge minimum est de 16 ans, sauf sous la supervision directe d'une personne de plus de 18 ans.
L'assurance de responsabilité civile est obligatoire à partir de 250 grammes : au moins 220000 DTS et, au-delà de 20 kilos, 750000 DTS.
Les hélicoptères de montagne, et comment AXPA s'en charge
En Andorre, les hélicoptères volent souvent sous 120 mètres, dans les vallées et lors des secours en montagne. Le guide de l'autorité recommande de prévenir l'exploitant d'hélicoptères en catégorie ouverte, et en catégorie spécifique l'autorisation l'exige.
Aucune autorité ne publie la carte des treize zones : le décret les décrit par leur nom. AXPA les dessine à partir du décret et le signale sur chaque zone. Quand vous en touchez une, la fiche vous montre le texte du décret dans votre langue, avec l'original catalan à un clic, et le panneau de faisabilité vous dit si votre opération en touche une et à qui demander l'autorisation.
Questions fréquentes
Voir toutes les questions- Mon enregistrement d'exploitant européen est-il valable en Andorre ?
- Le décret andorran ne s'appuie pas sur l'enregistrement européen des exploitants. Il demande d'identifier auprès du ministère chargé de l'aviation civile chaque aéronef de plus de 250 grammes et de moins de 25 kilos, avec sa plaque, et d'être assuré. Votre certificat de télépilote européen est accepté tant que l'Andorre n'a pas fixé ses propres exigences.
- Puis-je voler au-dessus d'Andorre-la-Vieille ?
- Hors des zones de vol interdit, oui, en catégorie ouverte et en respectant ses conditions : à vue, sans survoler de rassemblements de personnes et à 120 mètres au plus du sol. Au-dessus des bâtiments du Govern, de la Casa de la Vall, de la Seu de la Justícia ou de l'hôpital, il faut une autorisation préalable, et un événement qui remplit une place en fait une zone interdite tant qu'il dure.
- À qui dois-je demander l'autorisation ?
- Au ministère chargé de l'aviation civile, par ses services en ligne. C'est l'exploitant qui la demande, avec les documents indiqués dans la demande et, en catégorie spécifique, avec l'étude d'évaluation et d'atténuation des risques. Dans les parcs naturels, il faut en plus l'autorisation de l'Environnement.
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Ce guide est une information générale et une aide à la planification. Il ne constitue ni un conseil juridique ni une autorisation de vol. La réglementation évolue et chaque pays ajoute ses propres conditions. Avant de décoller, vérifiez toujours les sources officielles de votre juridiction et l'information aéronautique en vigueur. Le télépilote aux commandes est seul responsable du vol.